JIOI 2011 - Réunion du CIJ les 27 et 28 août
Choix des disciplines et nouvelle Charte à l'agenda
En deux semaines les choses se sont accélérées autour de l'organisation des 8es Jeux des Iles de l'océan Indien aux Seychelles en 2011. Ce dossier avait été dépoussiéré par le ministre Seychellois des Sports, Vincent Mériton, et son activation n'était qu'une question de jour. Depuis jeudi, c'est chose faite puisque l'archipel s'est engagé envers le mouvement sportif de l'océan Indien de façon très officielle et la coïncidence veut que le président du Conseil International des Jeux (CIJ) a aussi proposé une date définitive pour l'organisation de la 2e réunion post Tana 2007. Les pays membres du CIJ seront, de ce fait, en réunion à Mahé les 27 et 28 août prochain.
Ce n'est qu'à l'issue de cette deuxième réunion du CIJ des Jeux des Seychelles 2011 que le véritable coup d'envoi sera donné. C'est le moins qu'on puisse dire puisque à l'agenda de cette réunion figurent deux points importants qui détermineront la toile de fond du rendez-vous seychellois. Il s'agit, en effet, des choix des disciplines et de la nouvelle Charte des JIOI. Le président du CIJ, le Réunionnais Jean-François Beaulieu, qui était en visite de 48 heures à Maurice à la fin de la semaine écoulée, en a profité, en compagnie du secrétaire général du Comité National Olympique Mauricien (CNOM), Vivian Gungaram, pour mettre un point final sur les thèmes qui seront à l'agenda de la réunion d'août et pour régler les derniers détails concernant la nouvelle Charte des Jeux.
"D'abord je dois dire à quel point je suis heureux que les Seychelles s'engagent de manière définitive pour l'organisation des Jeux de 2011. Comme vous le savez, j'avais émis des craintes en mars dernier en raison justement d'une situation financière qui pourrait jouer au trouble- fête. La conférence de presse du ministre Vincent Mériton jeudi (dernier) d'une part et la nomination d'Eric Arnephie comme Commissaire Général des Jeux d'autre part sont deux éléments rassurants dans la mise en œuvre des Jeux. Un premier pas a été fait, reste maintenant le plus dure. C'est-à-dire l'organisation même des Jeux dans des conditions financières qui seront, j'en suis certain, plus que difficiles pour les Seychelles", avance Jean-François Beaulieu à Week-End.
Face à ce qu'on appel désormais la crise financière, le président du CIJ s'est fixé comme leitmotiv pour les Jeux 2011, la solidarité. "C'est un fait indéniable que le CIJ doit savoir se montrer solidaire au peuple seychellois dans la quête d'organiser les Jeux en 2011. La partie est loin d'être gagnée et notre devoir au sein du CIJ c'est de donner les moyens aux Seychelles de réussir dans cette tâche sans pour autant que ce soit au détriment de la qualité sportive", souligne Jean-François Beaulieu. Le président du CIJ se prépare même à proposer à son "ami" Eric Arnephie, le Commissaire Général des Jeux, le soutien total de l'instance qu'il préside. "Dans cet élan de solidarité, il serait important que les pays membres du CIJ puissent mettre à la disposition des Seychelles tout le soutien logique et experts, voire même technique dans la mise en œuvre de son organisation", dira Jean-François Beaulieu.
Le choix difficile
Cependant, la dimension des Jeux des Seychelles dépendra largement de ce que le Conseil décidera lorsque viendra le moment où il faudra choisir le nombre de disciplines à mettre au programme. Dans cette optique, les autorités seychelloises sont claires comme de l'eau de roche: pas plus de 12 ou 13 disciplines et pas de nouvelles infrastructures. Ce qui veut aussi dire que les chances pour que des disciplines qui n'étaient pas au programme à Maurice en 2003 et Madagascar en 2007 trouvent une place dans le concert des disciplines aux Seychelles sont quasiment inexistantes. Sauf pour la voile qui n'était pas au programme à Tana, mais trouvera de façon quasi certaine sa place en 2011. Du coup, le choix va s'avérer difficile pour les pays membres du CIJ qui d'habitude se montrent très gourmands lorsque cette question est abordée à la table des discussions.
L'arrivée de la nouvelle Charte des Jeux faite de 28 Articles animera également le débat. D'autant qu'au départ, Madagascar, Comores et Maldives n'ont pas participé aux discussions et à l'élaboration de cette nouvelle Charte en compagnie de Maurice, Réunion et Seychelles. "S'il est vrai de dire que seuls trois CNO ont participé à son élaboration, il est aussi vrai que dire que la nouvelle Charte doit être une volonté commune des membres du CIJ. La Charte qui circule actuellement entre les pays membres n'est pas la Charte que nous allons adoptée in extenso. Nous avons laissé beaucoup d'espaces pour que ceux qui étaient absents lors des discussions puissent participer aux discussions et formuler des propositions", laisse entendre le président du CIJ.
Jean-François Beaulieu se réjouit également de la démarche des Seychelles pour que le rendez-vous de 2011 soit labellisé sous l'Agenda 21 pour le Sport. Une démarche dans la lignée de JO de Sydney en 2000, c'est-à-dire des Jeux Verts. Le CROS (Comité Régional Olympique et Sportif) de La Réunion qui a acquits une certaine expérience pour ce qui est de labelliser des événements sportifs - le dernier en date est Eco marathon - sous l'Agenda 21 pour le Sport, va donc aider le Comité d'Organisation des Jeux des Iles (COJI) des Seychelles à se mettre au diapason des règlements pour obtenir ce précieux label.
Madagascar - Allo Tana...!
S'il y a un sujet qui inquiète le président du CIJ actuellement c'est bien le black-out qui existe au niveau du Comité Olympique de Madagascar. "Depuis les tristes événements sociaux et politiques qui ont secoué l'île on n'a plus de nouvelles du COM et encore moins de son président Mamy Rakotoarivelo. C'est inquiétant dans le sens où le CIJ se réunit le mois prochain où il y aura des décisions importantes à prendre. J'aurais souhaité vivement que le CIJ le fasse avec Madagascar", a suggéré Jean-François Beaulieu. Face à cette absence de nouvelles, le CIJ s'est reposé sur le président du Comité National Olympique Mauricien (CNOM) pour rétablir de nouveau les contacts. Philippe Hao Thyn Voon qui s'est envolé hier matin pour Abuja (Nigeria) pour l'Assemblée Générale de l'ACNOA (Association des Comités Nationaux Olympiques d'Afrique) a eu pour mission de rencontrer les dirigeants du COM pour en savoir plus. Le président du CNOM a été aussi chargé par le président du CIJ de remettre aux Malgaches, s'ils sont présents dans la capitale nigériane, l'invitation pour la réunion d'août aux Seychelles.
8es JIOI 2011 -Seychelles confirme son engagement
Des Jeux à 2 millions d'euros
Lorsqu'il était en visite dans l'archipel du 8 au 12 mars dernier en sa capacité de président du Conseil International des Jeux (CIJ), Jean-François Beaulieu avait attiré l'attention sur les difficultés qui se présentent devant les Seychellois. Notamment sur la question de trouver "les différentes pistes financières" pour assurer l'organisation et du coup la pérennisation des Jeux. Tout laisse croire que cet obstacle est désormais franchi par les Seychellois puisque jeudi le ministre des Sports et de la Culture, Vincent Mériton, a confirmé l'engagement de son pays pour des 8es JIOI en août 2011.
Cette confirmation a été faite jeudi matin par le biais d'une conférence de presse au Centre International des Conférences en présence de la quasi- totalité des responsables sportifs du pays et de quelques diplomates. Le ministre Mériton, qui avait à ses côtés, le président du CNO des Seychelles, Antonio Gopal, le Commissaire Général désigné du COJI, Eric Arnephie, et Denis Rose, son Chef de Cabinet, a indiqué que les Seychelles a certes "pris son temps" pour s'engager de façon très officielle, mais "c'est une démarche essentielle pour nous assurer les moyens nécessaires pour organiser des Jeux", dira-t-il dans une conversation téléphonique à Week-End tout juste après sa conférence de presse.
Pas que des beaux Jeux
Organisation des Jeux certes, mais pas à n'importe quel prix, affirme notre interlocuteur. Pour le ministre seychellois, les Seychelles ne veulent pas se contenter seulement d'organiser de beaux jeux. "En tant que pays organisateur, nous voulons et nous devons aussi remporter le maximum de médailles pour bien figurer au classement final. C'est-à-dire dans le Top 3", dira avec une certaine assurance Vincent Mériton. C'est ainsi que l'Etat mettra sur la table quelques 2 millions d'euros, soit 40 millions de roupies seychellois ou si vous voulez Rs 92 millions (mauricienne).
Mais une précision de taille de Vincent Mériton à Week-End: aucune nouvelle infrastucture n'est à l'ordre du jour ou dans le pipeline. Pour trouver les Rs 92 m nécessaires, Vincent Mériton avance que outre l'Etat, les Seychelles sont aussi à la recherche d'autres partenaires pour boucler le budget. Dans cette optique, la France, partenaire traditionnel des pays organisateurs des JIOI, se positionne. Qui plus est, le CIJ, à travers le Comité Olympique Français, (CNOSF) va aider à trouver un moyen d'aide venant du CIO à travers la Solidarité Olympique.
Des espaces libre…
"Les Jeux vont se tourner autour des infrastructures existantes. Le gouvernement va s'assurer de la rénovation de toutes les infrastructures et les mettre aux normes. Au niveau des disciplines, je suis de ceux qui croient que nous ne serons pas en mesure d'aller audelà de 12-13 disciplines", explique de façon limpide Vincent Mériton. Ce dernier se réjouit qu'il existe encore de l'espace sur le projet de logements sociaux situés sur l'île de La Persévérence. Mais là encore, les places sont limitées. "Nous n'avons de la place que pour 1400 à 1500 personnes donc nous aurons des conditions à respecter. Nous seront dans la limite de nos possibilités", affirme encore le ministre seychellois.
Vincent Mériton précise au passage que " l'organisation des 8es JIOI aux Seychelles offrira, dans la foulée, une belle occasion à la jeunesse de l'Océan Indien de participer à une manifestation sportive de haut niveau. Elle permettra, par la même occasion, d'assurer la continuité des Jeux." Les semaines à venir seront donc déterminantes pour les Seychelles, notamment pour le Secrétaire Général du COJI. Eric Arnephie aura à présenter son plan d'action et son équipe dès cette semaine et devra s'atteler à la tâche d'organiser la réunion du CIJ fin août.
MJS - Jeux de l'Espoir (18 et 19 novembre)
Confirmation des Réunionnais
Une équipe composée de 14 sportifs réunionnais seront à Maurice en novembre prochain (18 et 19) pour participer aux finales des Jeux de l'Espoir (14-15 ans). La participation réunionnaise a été confirmée, au cours de la semaine écoulée, par nul autre que le président du Conseil international des Jeux des Iles (CIJ), Jean-François Beaulieu.
C'est lors d'une rencontre, vendredi dernier, à Port-Louis, avec le Directeur des Sports au ministère de la Jeunesse et des Sports, Novin Gaya, également président du comité organisateur des Jeux de l'Espoir, que Jean-François Beaulieu lui a fait part de cette confirmation. "Les discussions avaient été engagées depuis avril dernier avec Jean-François Beaulieu, lors de la réunion des experts de la CJSOI, à l'île soeur. Il nous avait donné son accord et cette semaine (Ndlr: la semaine dernière), il a confirmé la participation réunionnaise en badminton et en tennis de table", a déclaré Novin Gaya.
Selon lui, la rencontre de vendredi s'est très bien passée et c'est avec une grande satisfaction qu'il a accueilli la nouvelle. Il convient cependant de souligner que cette rencontre était principalement axée sur la prochaine réunion du CIJ qui se tiendra les 28 et 29 juillet aux Seychelles. "La participation réunionnaise à ces Jeux de l'Espoir constituera une grande première. Nous avons aussi invité les Seychelles, mais ils n'ont pas encore confirmé. Il n'empêche que lors de mon dernier séjour dans l'archipel, le mois dernier, dans le cadre d'une réunion de la RADO (Regional Anti-Doping Organisation), Eric Arnephie, Directeur Général of Major Events au ministère de la Jeunesse et des Sports Seychellois, m'a fait comprendre que les démarches étaient en bonne voie. Je reste donc confiant qu'ils seront également parmi nous en novembre."
Novin Gaya a ajouté que les règlements techniques seront envoyés cette semaine, alors que les règlements généraux, qui sont actuellement en préparation, seront expédiés aussitôt complétés. Le Directeur des Sports a ajouté que Rodrigues ne sera pas oublié et qu'une réunion d'explication est même prévue dans l'île dans les semaines à venir. D'autre part, des affiches ont été distribuées dans plusieurs points de l'île, afin de sensibiliser le plus de jeunes possibles. Il nous revient d'ailleurs que les formulaires d'inscriptions ont été également distribués, lundi dernier, dans divers endroits, comme les collèges, les centres de jeunesse et communautaire et autres fédérations sportives.
Par ailleurs, l'IVTB a été contacté par le MJS pour réaliser le logo de ces Jeux. Soulignons que 13 disciplines participeront au retour des Jeux de l'Espoir - après neuf ans d'absence -, à savoir le judo, le Tae kwon do, la lutte (sports de combat), l'athlétisme, le cyclisme, la natation (individuel), le badminton, le tennis, le tennis de table (raquette), le basket-ball, le football et le volley-ball (collectif). Pour ce qui est des préliminaires, elles débuteront le 27 juillet pour prendre fin le 26 septembre.
Hormis le côté sportif, le ministère de la Jeunesse et des Sports a également pris la décision d'intégrer une partie jeunesse, mais également une partie culturelle, comme c'est le cas lors des Jeux de la CJSOI (Commission de la Jeunesse et des Sports de l'océan Indien). Le volet jeunesse sera d'ailleurs divisé en trois parties, notamment musique et orchestre, spectacle vivant et forum.
article WEEK END, Patrick Jean-Louis.